C’est le bouquet à la Fondation Bernardaud


Expo, Focus exposition / vendredi, février 9th, 2018

En ces mois gris et interminables de l’hiver, la Fondation Bernardaud nous propose une exposition qui sent bon le printemps, une véritable ode aux fleurs à découvrir jusqu’au 26 février à Limoges. Au programme quatre-vingt dix œuvres de seize artistes internationaux pratiquant l’art de la céramique. Gaumette a sélectionné pour vous six artistes parmi l’ensemble de ces très belles découvertes.

Christopher Adams (né en 1972, américain)
Christopher Adam est un passionné de plantes grasses, qu’il collectionne depuis l’enfance. Pendant son temps libre, il aime modeler et créer des petits objets en céramique inspirés de ses dernières trouvailles. À temps plein, l’artiste est dermatologue, ce qui explique le traitement esthétique et spécifique de ses œuvres. L’émail qu’il emploi pour recouvrir ses porcelaines, nécessite plusieurs cuissons successives et permet de créer des contrastes colorés et des jeux de volumes. Ses amis, admiratifs de son travail, lui conseillent très vite d’exposer ses œuvres. Il décide alors de s’inspirer d’une méthode d’accrochage scientifique qui consiste à disposer les plantes les unes en dessous des autres suivant leurs espèces. Un résultat plus vrai que nature !

Phoebe Cummings (né en 1981, anglaise)
C’est la première fois que le travail de cette jeune artiste est exposé en France. Une œuvre, époustouflante, de part sa taille et sa finesse, mais aussi éphémère que les fleurs qu’elle représente. Pour sculpter ses grands bouquets, l’artiste utilise de l’argile, des fils métalliques et du bois sans passer son œuvre par l’étape traditionnelle du four. Le matériau est ainsi laissé au naturel avec le risque qu’il casse facilement. Intransportable après réalisation, l’oeuvre présentée ici a été réalisée in situ par l’artiste dans l’usine Bernardaud, lieu d’exposition dédié à la Fondation. Le caractère éphémère de ces bouquets rend la métaphore encore plus forte. Les créations de Phoebe Cummings nous rappellent la brièveté de l’existence, entre création et disparition, vie et poussière.
Pour en savoir plus sur son travail : http://www.phoebecummings.com

Kim Dickey (né en 1964, américaine)
Le travail de cette artiste est tout simplement impressionnant. De loin nous pensons arriver devant la très célèbre tapisserie de La Dame à la licorne exposée au musée de Cluny à Paris. Mais plus on approche, plus on remarque que cette œuvre monumentale est formée d’une multitude de quadrilobes en terre cuite, motif ornemental très populaire au Moyen Age. Nos sens sont alors complétement désorientés devant ce trompe-œil au réalisme fou. Pour bien comprendre cette œuvre il faut donc que le spectateur entre en action. Elle l’incite à reculer puis à avancer pour mieux capter tous ses détails. Ce dispositif a pour effet de transformer cette « tapisserie en céramique » en une sorte d’écran géant pixélisé mélangeant une fois de plus les genres au sein de la pratique artistique.
Pour en savoir plus sur son travail : http://www.kimdickeystudio.com

Hitomi Hosono (né en 1978, japonaise)
Comme des fossiles, les vases de l’artiste japonaise Hitomi Hosono sont imprégnés des traces de divers végétaux. Un travail tellement méticuleux et hyper réaliste qu’on penne à croire qu’il est réalisé à la main. L’effet d’émerveillement est d’autant plus grand que l’intérieur de ces vases est également orné de fleurs ou recouvert d’une fine couche de feuille d’or. L’élaboration d’un seul vase peut prendre jusqu’à sept mois. L’artiste part d’une collection de motifs dessinés à la main : pétales de roses, chrysanthèmes, fleurs de cerisiers, fougères… Une fois l’argile moulée, les éléments sont fixés uns par uns sur une forme circulaire ou cubique puis remodelés afin de les fusionner harmonieusement. Un résultat où le maître mot est profusion et abondance.
Pour en savoir plus sur son travail : https://www.hitomihosono.com

Zemer Peled (né en 1983, israélienne)
Les œuvres de Zemer Peled semblent éclore sous nos yeux et donnent envie de s’en approcher pour mieux voir ce qu’il s’y cache à l’intérieur. Mais attention, ces fleurs sont toutes aussi dangereuses qu’elles ne sont belles. Pour les réaliser l’artiste utilise une multitude de fins tessons de céramiques acérés comme des lames de rasoirs. Une manipulation délicate est donc exigée puisque la jeune femme elle-même s’est vue infligée quelques coupures. Construire de la beauté à partir d’un matériau démoli, tel est l’objectif de la jeune femme qui a grandi au milieu des sites archéologique au nord d’Israël.
Pour en savoir plus sur son travail : https://www.zemerpeled.com

Susan Hipgrave (né en 1955, australienne)
Ancienne directrice artistique dans la publicité Susan Hipgrave a tout quitté du jour au lendemain pour devenir peintre sur porcelaine. Passionnée par les anciens ouvrages d’histoire naturelle, elle décide de reproduire scrupuleusement les moindres détails de l’anatomie des différents spécimens qu’elle observe. Attirée par le bizarre et l’étrangeté de la nature, elle décide de ne limiter aucuns de ses dessins aux bords de l’assiette. Ainsi vu en gros plan et sans aucune référence d’échelle, la plante, le champignon ou l’oiseau représenté paraît mystérieux. L’assiette devient alors simple support à la création et son cercle nous rappelle l’œil d’un microscope. Comme un zoom au cœur de la nature.
Pour en savoir plus sur son travail : http://www.susanhipgrave.com

C’est le bouquet !
Jusqu’au 26 février
Fondation d’entreprise Bernardaud, Limoges

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