Henri Manguin, la volupté de la couleur


Expo, Focus exposition / mardi, septembre 5th, 2017

Vous avez jusqu’au 5 novembre prochain pour faire le plein de couleurs et découvrir cette belle exposition au Musée Impressionnismes Giverny, dédié à l’artiste fauviste Henri Manguin.
Pourtant peintre majeur de sa génération, cet amoureux de la couleur n’est que trop peu connu du grand public.

Un artiste passionné
Né en 1874, Henri Manguin se découvre très vite un amour pour le dessin et la peinture. Elève des Arts Décoratifs, diplômé de l’école des Beaux-Arts, il entre à 20 ans dans l’atelier de Gustave Moreau, célèbre peintre qui laisse à ses élèves le plaisir de découvrir leur propre style. Un de ses coéquipiers d’atelier n’est autre qu’Henri Matisse. Les deux artistes se découvrent très vite une passion commune pour la couleur qui les entrainera très tôt à peindre des paysages ou des portraits non pas comme ils les voient mais comme ils les ressentent.

 

La naissance d’un mouvement
C’est là le début du fauvisme. La couleur ne remplit plus la forme mais la dépasse, elle est posée sur la toile de façon instinctive, en larges aplats. Assemblées, les couleurs pures deviennent une explosion pour l’œil, qui perd alors ses repères habituels. C’est d’ailleurs le 18 octobre 1905, à l’occasion du Salon d’automne que les œuvres de l’artiste sont particulièrement remarquées et que naît le nom de ce nouveau mouvement : « le fauvisme ». La salle 8 de ce salon est alors remplie de travaux d’artistes de l’atelier Moreau, Henri Manguin y expose d’ailleurs cinq toiles, toutes créées pendant l’été qui précède. Louis Vauxcelles, grand critique d’art de l’époque conclu suite à sa visite :

« M. Manguin : progrès énorme ; indépendant sorti de ses pochades et qui marche résolument vers le grand tableau. Trop de relents de Cézanne encore ; mais la griffe d’une puissante personnalité, toutefois […] Au centre de la salle, un torse d’enfant et un petit buste en marbre, d’Albert Marque, qui modèle avec une science délicate. La candeur de ces bustes surprend au milieu de l’orgie de tons purs : Donatello chez les fauves.« 

 

Une très belle exposition
Trop peu connu à notre époque, Henri Manguin a donc pourtant tout autant lancé le mouvement fauviste qu’Henri Matisse, qui lui est  resté dans l’histoire. De nombreux collectionneurs internationaux achetaient d’ailleurs ses toiles comme Paul Durand-Ruel,  Ambroise Volard (qui lui acheta 142 toiles l’année de ses 31 ans) ou encore le célèbre couple d’américains, les Stein. Il faut dire qu’Henri Manguin dispose d’une grande liberté chromatique et ne sait que trop bien traduire la nature et ses jeux de lumières.
Des tableaux impressionnants donc devant lesquels il est difficile de décrocher. Cette exposition rassemble un grand nombre de toiles de l’artiste. Bien agencée et pédagogique, elle permet de rendre à Henri Manguin tout l’intérêt qu’il devrait avoir de la part du public. Je ne peux donc que la conseiller vivement !

 

Henri Manguin, la volupté de la couleur
Jusqu’au 5 novembre 2017
Musée des Impressionnismes Giverny, 99 rue Claude Monet, 27620 Giverny

 

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