Foujita, peintre maître au Musée Maillol


Expo, Focus exposition / mercredi, juin 20th, 2018

Vous avez jusqu’au 15 juillet prochain pour aller voir la sublime exposition « Foujita, peindre dans les années folles » organisée par le Musée Maillol, dans le 7earrondissement de Paris. Une visite dédiée à un artiste peu connu du grand public, pourtant très populaire à son époque : Léonard Tsuguharu Foujita (1886-1968).

Un homme au destin unique
Personnage clé de l’histoire de l’art des années folles, Léonard Tsuguharu Foujita est surtout un peintre dont l’œuvre virtuose est presque inclassable. Né au Japon, il souhaite très vite embrasser une carrière d’artiste à Paris. Après des études à l’Ecole des beaux-arts de Tokyo, où il apprend également le français, il embarque à destination de la France en 1913 pour quarante-cinq jours de mer. Arrivé à Marseille le jeune homme est très vite conduit dans la capitale et plus précisément dans le quartier artistique en vogue de l’époque : Montparnasse.

Un art entre Orient et Occident
Avide d’en apprendre d’avantage sur l’art occidental, le peintre arpente les salles du Louvre et croque les tableaux des grands maîtres. Il est particulièrement admiratif du travail de Leonard de Vinci et de sa Joconde. Lors de sa conversion au catholicisme à la fin de sa vie, il choisira d’ailleurs comme prénom de baptême celui du l’artiste italien.
Son début de carrière s’apparente à une recherche de style, Foujita tente de s’imprégner de l’art occidental ; il produit beaucoup mais jette la majorité de ses tableaux. Il faut dire que le jeune homme a été élevé dans la tradition japonaise et souhaite, dans son œuvre faire le pont entre son orient natal et son occident d’adoption. Ce dernier développe à Paris sa propre touche, intégrant des éléments caractéristiques de la peinture nippone comme le trait fin, l’importance des détails et une retenue chromatique, à des sujets plus occidentaux comme les nus, l’autoportrait, les natures mortes ou encore les grandes compositions.

« Le tableau naît naturellement, lorsque la nature et moi-même nous nous rencontrons… Les œuvres qui sortent seules me ravissent, et ainsi j’apprends. »

Un artiste complet
Ce n’est qu’en 1919 que Foujita est officiellement reconnu. Il participe cette année-là au Salon d’Automne, qui lui permet de devenir le nouveau portraitiste en vogue. Son art ravive un certain esprit japonisant totalement revisité par ce personnage singulier. En effet, c’est le début des Années Folles, grâce à son style et son charisme naturel, le jeune homme s’intègre rapidement parmi cette société d’avant-garde, se créant un personnage à l’allure féline et aux petites lunettes rondes qui deviendra vite un mythe. L’artiste profite ainsi pleinement de l’effervescence des nuits parisiennes dans les cafés de Montparnasse.
Mais le japonais est aussi très sérieux, il travaille énormément et avec obstination. Après la fête, le jeune homme rentre vite dans son atelier pour s’y enfermer plus de quinze heures par jour. Ne se limitant pas à la peinture à l’huile, véritable touche-à-tout, il a également produit des gravures, des costumes, des décors de ballets et même des objets décoratifs.

Une technique artistique bien particulière
Le plus impressionnant dans l’œuvre de Foujita est sa maîtrise et son style si particulier. En effet au premier abord on pourrait croire que ses tableaux sont réalisés à partir d’une plume et d’encre noir. Hors ces traits, d’une finesse incroyable, sont en réalité le fruit d’une utilisation maîtrisée du pinceau.
Cette virtuosité du geste s’oppose à la facture souvent aléatoire du fond. Comme Léonard de Vinci avec son sfumato, le peintre a su inventer son propre procédé technique. Il a ainsi créé une méthode qualifié de « blancheur de lait » dans lequel les formes dessinées sont accompagnées par des effets de salissures leur permettant de ressortir et de créer une illusion de profondeur dans la toile. Cette fabrication a beaucoup été jalousée du vivant de l’artiste, qui gardait son atelier fermé à toute présence humaine. Son secret n’a d’ailleurs été trouvé que grâce aux campagnes de restauration de ses toiles. Cette maîtrise du geste fait de Foujita un artiste hors du commun où le visiteur est obligé de s’arrêter longuement pour contempler ses tableaux tant les détails sont subtiles et le rendu si délicat.

« Je n’aime pas parler de ma peinture, car c’est le tableau qui parle pour toujours, notre vie est si courte. »

Une exposition surprenante qui vaut le déplacement puisqu’elle expose un génie du pinceau et du trait dont les œuvres nous impressionnent et nous transportent dans un monde emplit de légèreté.

 

Exposition « Foujita, peindre dans les années folles »
Jusqu’au 15 juillet 2018
Musée Maillol, 61 rue de Grenelle, 75007 Paris (M12 Rue du Bac)
Plus d’informations : museemaillol.com

 

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