Kees Van Dongen, peintre star de deux expositions à Paris


Expo, Focus exposition / mercredi, mars 7th, 2018

Le Musée de Montmartre à Paris met en lumière jusqu’au 26 août prochain, le travail de l’artiste Kees Van Dongen dans sa période montmartroise. En parallèle, le Petit Palais se concentre sur les œuvres des « Hollandais à Paris de 1789 à 1914 » exposant ainsi les œuvres de ce hollandais naturalisé français. Peu connu du grand public aujourd’hui, Kees Van Dongen (1877-1968) est pourtant un artiste phare du XXe siècle.

Un hollandais à Paris
Pourtant rien ne prédestinait ce jeune homme à devenir peintre. Mais comme il le dira lui-même plus tard « Je suis nul en toute autre chose ». Malgré la désapprobation de ses parents, il part étudier à 16 ans à l’Académie royale des beaux-arts de Rotterdam. Cinq ans plus tard, en 1897, il décide sur un coup de tête de voyager jusqu’à Paris afin d’assister aux festivités du 14 juillet.

Une vie bohème
Happé par la vie parisienne il finira par s’y installer définitivement en 1899. Pourtant ses débuts en tant que parisien sont difficiles. La nuit il dort à la belle étoile et le jour, il amasse quelques sous en faisant les portraits d’enfants dans des squares. En 1901, il se marie avec Augusta Preitinger, une jeune femme qu’il avait rencontré à l’Académie. Entre temps, il commence à travailler comme illustrateur pour des journaux anarchistes. À la recherche d’un loyer accessible, ils s’installent ensemble à Montmartre, dans la fameuse cité d’artistes nommée le Bateau-Lavoir. Ses voisins sont alors Bonnard, Vlaminck, Derain et Picasso. Tous ensemble ils repoussent et redéfinissent les règles de l’art.

Passion fauviste
Inspiré par le mouvement fauviste, Van Dongen utilise cette manière pour peindre. Il se lance dans l’utilisation de couleurs vives, appliquées en larges aplats. Très vite il développe son propre style peignant de nombreux portraits de femmes aux yeux charbonneux, le tout dans une ambiance à la lumière électrique. Il fait notamment partie des artistes qui exposent au Salon d’Automne de 1905 où, après les critiques de Louis Vauxcelles, cette façon de peindre est nommée le fauvisme. Contrairement aux autres artistes qui ensuite essayeront d’avancer dans leur art, Kees Van Dongen gardera ce style tout au long de sa vie.

Années folles et succès
Au Salon d’Automne de 1913, un de ses tableaux, Le Châle espagnol, fait scandale en raison de son thème, une prostituée dévoilée dans sa nudité. Il faut dire que le jeune homme est réputé pour profiter des « années folles » en menant une vie exubérante. En 1916, il quitte Augusta Preitinger pour une jeune directrice commerciale, Léo Jasmy, qui l’introduit rapidement auprès d’un cercle plus mondain. Kees Van Dongen devient alors le portraitiste à la mode côtoyant hommes et femmes de lettres, stars de cinéma et de la scène. Il aura donc fallu que l’artiste atteigne ses 40 ans pour obtenir une reconnaissance nationale et internationale. En 1926 il est décoré de la Légion d’Honneur et trois en plus tard, ses œuvres sont enfin intégrées dans divers musées nationaux.

Bad buzz
En pleine seconde guerre mondiale, en 1941, il accepte de participer en compagnie de Derain et Vlaminck à un « voyage d’études » en Allemagne organisé par le IIIe Reich. La contrepartie de ce déplacement vivement « conseillé » par le gouvernement allemand devait être la libération d’artistes français alors prisonniers de guerre. Ce voyage exploité par la propagande nazie vaudra à ces artistes de durs critiques.

Fin de carrière
Après-guerre, la réputation de Kees Van Dongen revient à peu près à la normale, lui permettant de rester proche du domaine de la jet-set. Il peint notamment un portrait de Brigitte Bardot en 1959. En 1967 un grande rétrospective lui est dédiée au Musée National d’art moderne de Paris. C’est donc dans la célébrité qu’il s’éteint en 1968 loin de Paris, dans sa villa à Monaco.

 

Van Dongen & le Bateau-Lavoir, jusqu’au 26 août 2018
Musée de Montmartre, 12/14 rue Cortot, 75018 Paris

Les Hollandais à Paris, jusqu’au 13 mai 2018
Petit Palais, Avenue Winston Churchill, 75008 Paris

 

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