Ouverture du Musée Camille Claudel


Musée / jeudi, mars 30th, 2017

Il y a quelques jours a ouvert un nouveau musée à Nogent-sur-Seine, rendant enfin hommage à l’une des plus grandes sculptrice et muse de son temps : Camille Claudel (1864-1943). Vous la connaissez surement déjà en tant que muse, maitresse ou même collaboratrice de Rodin, mais Camille Claudel est surtout connue dans le monde de l’histoire de l’art, pour sa maîtrise incontestée de la sculpture.

 

UNE SCULPTRICE DE GÉNIE

Camille_Claudel.jpgLa jeune fille révèle très vite une passion pour cet art et un talent hors du commun. Son père, Louis Prosper Claudel, la soutient énormément et prend conseil auprès de son ami, Alfred Boucher, sculpteur lui aussi. Les œuvres de Camille, qui n’a alors que 12 ans sont déjà impressionnantes. Pourtant les préjugés de l’époque sont catégoriques : pour faire de la sculpture il faut être un homme. Force de la nature et consciente de son talent, la petite Camille, à l’âge de 15 ans, convint sa famille de déménager à Paris, afin de perfectionner son art auprès des plus grands maîtres.

Après avoir suivit des cours à l’Académie Colarossi, Camille entre sous la tutelle du sculpteur Alfred Boucher avec d’autres jeunes filles sculptrices. Cependant, celui-ci doit s’absenter à Rome quelques temps, et demande alors à Auguste Rodin de le remplacer pour ses cours de sculpture. C’est donc en 1882, que Rodin découvre l’art de Camille Claudel. C’est une révélation. Les œuvres de la jeune artiste, qui n’a alors que 18 ans, sont pour lui un choc, le reflet de son propre art. La force de caractère de Camille et sa fougue enchantent le maître de la sculpture.

AUGUSTE RODIN : PLUS QU’UN MANTOR

L’année suivante Camille intègre directement l’atelier de Rodin. S’en suit une relation complice, entre les deux artistes. D’abord en qualité de collaboratrice, elle travaille sur de nombreux projets pour lui, mais également en tant que muse. En effet, elle inspire beaucoup le maître comme pour les œuvres Le Baiser ou L’Eternelle Idole. Enfin, elle sera aussi sa maîtresse ; une folie amoureuse qui durera plus d’une dizaine d’années, malgré leurs 24 années d’écart et le statut d’homme marié de Rodin. C’est une seconde jeunesse pour le maître et un premier amour pour Camille. Cette relation changera leurs vies, et leurs œuvres, à tout jamais.

784_4c572139de5ec5b.jpg  842_981aaa257107441.jpg

Auguste Rodin (1840-1917), Le Baiser, vers 1882, marbre. 181,5×112,5x117cm. Paris, Musée Rodin.
Auguste Rodin (1840-1917), L’Eternel Idole, vers 1890-3, plâtre. 73,2×59,2×41,1cm. Paris, Musée Rodin.

CAMILLE RODIN, L’INCOMPRISE

L’année 1899 marque la fin de leur passion et une œuvre clé pour Camille, L’Âge mûr. La jeune femme tente de trouver des commandes afin d’être indépendante financièrement et d’être libérée de l’emprise qu’a Rodin sur elle. Mais les temps sont difficiles et Camille, qui travaille et habite seule, connaît des soucis financiers. Il faut dire que l’art de la sculptrice dérange. Elle est considérée comme celle qui sculpte avec la même liberté que les hommes, qui n’a pas peur de produire des nus. Incomprise de son temps, très peu l’admirent et lui apportent leur soutien.

tmp_367de86a2e525dcd166a843f2b1115d6.gifCamille Claudel (1864-1943), L’Age mûr, vers 1902. Groupe en bronze en trois parties. 114x163x72cm. Paris, musée d’Orsay.

UNE FIN DE VIE PLUS QUE CONTESTABLE

La suite de la vie de Camille Claudel n’est pas très joyeuse. Elle qui a de plus en plus de mal à payer ses loyers et à trouver des commanditaires, vit recluse et connaît de profonds troubles psychologiques. Pour elle, tout n’est que complots de la part de Rodin qui l’empêcherait d’avoir des commandes. Elle est internée à 49 ans, par son frère Paul Claudel et sa mère, et y mourra trente ans plus tard.

Malgré de nombreuses lettres envoyées à son docteur et malgré le soutien de certains de ses admirateurs et la controverse qu’a généré son internement, Camille Claudel restera enfermée. Presque aucunes visites, ni de lettres, Camille vit dans une détresse absolue. Même si son état semble s’améliorer, sa mère refuse de la laisser sortir. Pourtant, au dehors, les œuvres de Camille Claudel connaissent de plus en plus de succès – une rétrospective lui est même consacrée en 1934. Déjà certains avouaient que l’artiste « mériterait plus d’honneurs qu’on ne lui accorde en général » (André Salmon, Aux écoutes, 28 août 1937).

ENFIN UN MUSÉE POUR ELLE SEULE

Il était donc temps que Camille Claudel soit reconnue officiellement. Et quelle joie de voir que la ville de Nogent-sur-Seine, où la jeune femme a vécu pendant son enfance, accueillir cet établissement. N’hésitez pas à plongez dans la vie de cette artiste pour admirer la force de ses sculptures. Dans ce musée, Camille est la maîtresse des lieux, alors laissez-vous guider !

Et en attendant une visite, si l’histoire de Camille Claudel vous intéresse, je vous conseille ce magnifique livre :
– Une Femme, Camille Claudel, d’Anne Delbée.

Si vous préférez le cinéma, je vous conseille les films:
– Camille Claudel, de 1888 avec Isabelle Adjani et Gérard Depardieu,
– Camille Claudel 1915, de 2013 avec Juliette Binoche dans le rôle de Camille Claudel.

 

Musée Camille Claudel, 10 Rue Gustave Flaubert, 10400 Nogent-sur-Seine.
Accessible en train depuis Paris, gare de l’est (1h de trajet puis 5 min de marche).
Entrée gratuite tous les premiers dimanches du mois, gratuit pour les -26 ans, sinon 7€ tarif plein et 4€ tarif réduit.

Gaumette

 

Rendez-vous sur Hellocoton !

Laisser un commentaire